C'est quoi la maltraitance psychologique ? 

Mis à jour : avr. 11

Ces termes regroupent une même idée selon laquelle il existe une forme de violence autre que physique qui va avoir des conséquences sur le plan psychologique, mais comment l’identifie-ton ? En suis-je victime ou même auteur(e) sans le savoir ? Que faire si c’est le cas ?


Une violence camouflée et récurrente

Contrairement à la violence physique, la violence psychologique se dissimule dans des actes et des mots qui au départ, semblent tout à fait anodins, mais vont générer un mal-être grandissant par leur répétition.


Quels actes, quels mots dissimulent la violence psychologique?


Dénigrer / dévaloriser : « De toute manière tu es incapable, tu ne fais jamais rien de bien » Discréditer: « Tu dis n’importe quoi » Insulter / humilier : « Tu ne ressembles à rien » Menacer / faire du chantage : « Si tu en parles, tu ne verras plus tes enfants » Oublier(volontairement) : « Non, je ne me souviens pas que tu aies pris des vacances, quoi qu’il en soit je me retrouve sans personne, donc… » Accuser / reprocher : « C’est de ta faute si rien ne va entre nous » Fausse plaisanterie : « Au fait, tu es viré ! Non je rigole ! » Ignorer / indifférence


Qui sont les victimes de la violence psychologique?

La violence psychologique peut être présente dans de nombreux contextes comme par exemple le couple, le travail et l’école. Avoir un conjoint très jaloux, sarcastique, négatif / un patron qui ne vous accorde aucune confiance, ne vous écoute pas, vous critique / être la cible d’intimidation et de moqueries de la part de camarades de classe. Ces exemples témoignent de l’étendue des lieux où peut sévir la violence psychologique et des nombreux visages que peuvent avoir les victimes.

La violence psychologique touche particulièrement les enfants dans leur relation avec leur parent(s). Dans ce cas précis, on saisit toute l’ambiguïté qui va entourer son identification car l’éducation parentale va « légitimer » d’une certaine manière, des pratiques comme la menace ou le chantage. Nous avons tous entendu un parent dire à son enfant qu’il sera privé de quelque chose s’il n’obéit pas, ou qu’il sera puni. Est-ce pour autant de la violence psychologique ?

Déterminer à quel moment des telles pratiques vont constituer de la violence psychologique n’est pas chose facile, n’oublions pas que nos dirigeants se questionnent toujours sur la pertinence de l’article 43 du Code Criminel, concernant le châtiment corporel (infligé aux enfants pour les « corriger »), alors qu’il s’agit là d’une violence physique, bien plus visible et quantifiable.

Fonctionnement de la violence psychologique

À la lecture des lignes précédentes, vous vous posez forcément cette question : suis-je moi-même victime / auteur(e) de violence psychologique ? Pour essayer d’y répondre, nous allons décortiquer les mécanismes qui sous-tendent la violence psychologique.

Premier point, et il est essentiel : la volonté de faire du mal.

Il est essentiel de distinguer les personnes qui le font consciemment et inconsciemment car dans le premier cas on parle de violence, dans le second d’abus psychologique. La nuance entre les deux réside dans le fait que l’auteur(e) d’abus n’a pas comme objectif de manipuler, de dominer sa victime.

Cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y a pas de conséquences pour la victime, l’abus psychologique est problématique, mais ses répercussions sont moins intenses que dans le cas de violence psychologique.

Second point : l’auteur(e) va chercher à asseoir sa domination en générant chez sa victime différents sentiments et climats:

Un climat d’insécurité physique et émotionnelle voire de terreur, par des conflits à tout propos, des intimidations, des menaces, des chantages affectifs, des sous-entendus perpétuels, une agressivité et une hostilité permanente, des colères soudaines, une intolérance à la moindre contrariété ou opposition, des attitudes dures, cruelles, une indifférence affichée, un non-respect de la vie familiale, de ses règles, des horaires, du partage des tâches et des charges financières.

Un climat de contrainte, de contrôle et d’isolement, par une surveillance continuelle (des sorties, des dépenses, des fréquentations, de l’habillement, etc.), par l’imposition de règles de vie contraignantes, avec harcèlement, non-respect de l’intimité et séquestrations.

Un sentiment d’infériorité, de dévalorisation et d’humiliation par des disqualifications et des dénigrements répétés, des critiques incessantes et des paroles blessantes sur le physique, l’expression verbale, les capacités intellectuelles, le travail, les tâches domestiques, l’éducation des enfants, le comportement amoureux et sexuel.

Un climat de culpabilisation et un sentiment d’incompétence, par des plaintes et des critiques, des exigences irréalistes, des attitudes de rejet et de frustration, de jalousie, organisant la sensation d’être continuellement en faute.

Un sentiment de confusion et de doute, par des attitudes et des messages incohérents, des mensonges, des manipulations, des interprétations concernant tous les faits et gestes, des procès d’intention, des mises en scène, et par une non-reconnaissance, une négation et un mépris des besoins fondamentaux, des émotions, des sentiments et de la souffrance, entrainant chez la victime une incapacité à avoir confiance en ses jugements, ses réactions et ses désirs.

Comme nous l’avons vu précédemment, ces éléments vont se présenter graduellement et parfois même dès le début de la relation.

Troisième et dernier point : et les autres dans tous ça ? Ne voient-ils pas ce qu’il se passe ?

L’entourage est un point clé dans le harcèlement, car ce qui va lui donner de l’ampleur, c’est le fait qu’il soit cautionné par les autres.

On peut facilement imaginer dans le cadre du travail, qu’une personne n’ayant pas les mêmes caractéristiques que le groupe (sexe, âge, origine, etc.) puisse être mise à l’écart rapidement. La phase de harcèlement débute (le plus souvent infligé par un supérieur ou le patron), mais au lieu de prendre le parti de la victime, l’équipe va se retourner contre elle.

Ce comportement peut être guidé par la tendance à se conformer à l’opinion du groupe, même si de manière individuelle ce n’est pas la nôtre (conformisme) mais aussi par la tendance à rendre la victime responsable de ce qu’elle subit (erreur fondamentale d’attribution).

Le harceleur est donc légitimé par le groupe, qui cautionne voir même contribue à la violence psychologique.

« Lorsque le processus de harcèlement est en place, la victime est stigmatisée on dit qu’elle est difficile à vivre, qu’elle a mauvais caractère, ou bien qu’elle est folle. On met sur le compte de sa personnalité ce qui est la conséquence du conflit, et on oublie ce qu’elle était auparavant ou ce qu’elle est dans un autre contexte. »Marie-France HIRIGOYEN, Le harcèlement moral : La violence perverse au quotidien

Les impacts de la violence psychologique

Être victime de violence psychologique va avoir un impact différent en fonction du niveau d’emprise qu’a le harceleur. Cela va de l’anxiété, à la dépression, au stress post-traumatique voire à la tentative de suicide. Subir du harcèlement est loin d’être anodin et nécessite une intervention, une cassure de la domination.

Dans le cadre conjugal principalement, la violence peut devenir physique et la victime peut subir des blessures, jusqu’à voir sa vie menacée. Il est donc déterminant de pouvoir en sortir.


Comment se sortir de la violence psychologique?

1) L’identifier

Pour pouvoir briser le lien de domination, il faut d’abord pouvoir se rendre compte de son existence. La manipulation est si forte qu’elle peut générer, comme nous l’avons vu précédemment, de la confusion et du doute, à tel point que la victime en vient à se dire qu’elle mérite ce qui lui arrive. Posez-vous les questions suivantes : Me dénigre-t-on ? Est-ce qu’il y a des choses qui me sont dites qui me dévalorisent ? Est-ce que ça arrive rarement, de temps en temps, souvent ?

Référez-vous aux indicateurs (section « Quels actes, quels mots ? ») et essayez de quantifier à quelle fréquence vous pourriez les subir de la part de quelqu’un. Si vous subissez plusieurs actes / mots malveillants de manière récurrente, il se pourrait qu’une problématique soit présente.

2) En parler

Vous avez des doutes et vous pensez subir de la violence psychologique ? Peut-être que quelqu’un l’a remarqué dans votre entourage.

Nous avons vu précédemment que le groupe / l’entourage pouvait cautionner voire contribuer au harcèlement. Bien heureusement, ce n’est pas toujours le cas. Il peut y avoir des personnes dont vous avez été isolées (par l’auteur(e) de violence psychologique) ou même d’autres qui ont essayé de vous en parler, avec qui vous pouvez discuter de cela. Vous pourrez ainsi prendre un peu de recul et avoir un avis extérieur.

3) Agir

Vous êtes certain(e) d’être victime de violence psychologique ? Il est temps de consulter un conseiller juridique ou de vous rapprocher d’organisations (SOS Violence conjugale / Tel jeunes / etc.), ils vous indiqueront comment vous y prendre pour régler cette situation.

4) Se reconstruire

Personne ne sort indemne après avoir subi de la violence psychologique. Votre image de vous-même est probablement détériorée et des appréhensions sont apparues (peur de retourner au travail, de former à nouveau un couple).


Source : https://cliniquepsychologiequebec.com/identifier-combattre-violence-psychologique/



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